Le galuchat, un cuir très particulier

Le Galuchat est un cuir de poisson, plus précisément de roussette (Océan Atlantique principalement) ou, le plus souvent, de raie pastenague (Océan Indien). Son aspect est caractérisé par des écailles constituées de dentine et de silice, très dures, à l’aspect perlé.

Les perles peuvent être conservée entières, poncées ou polies. La brillance du cuir de Galuchat n’est en effet pas due à un verni, mais bien obtenue par un procédé mécanique. De couleur brune au naturel, le cuir de galuchat est le plus souvent teinté lors du tannage. Le motif de la perle varie selon l’animal. Touts ces attributs en font un cuir particulièrement adapté à la bijouterie, c’est pourquoi je l’utilise essentiellement sur mes bagues et bracelets.

Galuchat de roussette teinté et poli au centre
Galuchat de raie teinté, poncé et poli
Galuchat de raie avec revêtement métallisé
Galuchat de raie gris mat poncé

Les roussettes donnent des peaux longue et étroites, aux perles petites sauf sur la ligne centrale. Les peaux de raies sont plus ovales, avec un ensemble de perles plus volumineuses au centre et d’autres de plus en plus fine sur les bords. Les peaux de roussette, de forme allongée, sont surtout utilisées pour des ceintures ou des poignées. Celles de raies, plus larges, servent à recouvrir de petits objets, comme des coffrets, et sont utilisés de plus en plus en maroquinerie, bien qu’il soit compliqué de les coudre.

Origine et anecdotes

Le galuchat est utilisé à travers le monde depuis longtemps. On le retrouve comme embellissement sur des objets précieux au Japon, dès le VIIIème siècle. Son aspect rugueux lui donne aussi des utilisations plus prosaïques, il y est toujours utilisé comme rape pour la préparation de Wasabi. En France, on l’utilise aussi comme abrasif, surtout sur les bois très durs, sous le nom de peau de chien (de mer). On en trouve à Paris au boulevard Saint Antoine, quartier des ébénistes très proche de la Bastille (rappelez vous de la chanson “Nini Peau D’chien” d’Aristide Bruant). Mais un procédé de tannage défaillant fait que ces peau vieillissent mal, rétrécissent en séchant. On les appelait peau de chagrin. C’est à elles que Balzac fait référence dans son livre éponyme.

Mr Galluchat (avec deux “l”), sous Louis XV, mit au point le procédé de tannage et de teinte de ces peaux et les popularisa. Mme de Pompadour fut sa principale mécène, et lui acheta de nombreux écrins et autres objets recouverts de cuir. Mr Galluchat était en effet gainier et il convertit le Tout Paris à son art. Depuis, le galuchat n’a jamais réellement disparu des Arts Décoratifs en France, mais la dernière période où il fut très à la mode fut les années 30, où il embellit de nombreux meubles de style Arts Déco. Depuis quelques années, on le voit remis à l’honneur dans le domaine du luxe, que ce soit en maroquinerie ou en ébénisterie.